DECLARATION LIMINAIRE AU CONSEIL DE SURVEILLANCE DU 23 JUIN 2016

Logo.CGT.CHA.Resized.Tout.Petit.carrele 23 juin 2016

Notre système de santé, tant envié dans le monde entier, subit depuis ces dernières années une dégradation sans précédent. Nous sommes passés d’un financement des besoins de santé à une restriction des budgets pour réduire les déficits par la tarification à l’acte interdisant ainsi toute projection pour une réelle réponse aux besoins de toute la population.

Notre organisation syndicale a déjà eu l’occasion d’exprimer son point de vue et son opposition au Groupement Hospitalier du Territoire lors du CTE du 16 juin 2016.

Nous souhaitons devant nous toutes et tous, membres de ce conseil de surveillance réitérer et motiver notre opposition.

La création du Groupement Hospitalier du Territoire du Vaucluse constituée pour l’heure des 11 établissements publics peut paraître anodine et il en va de même pour la convention constitutive du GHT qui nous est proposée au vote ce jour où tout est possible le meilleur comme le pire, selon comme on s’en sert, selon comme on l’encadre avec le règlement intérieur dont on n’a toujours pas à ce jour l’ombre du projet. Ce que nous savons, c’est que ce règlement intérieur va laisser libre la future mutualisation des personnels non médicaux que nous rejetons. Il y avait là matière à faire montre que la mise en place d’une GHT marque la volonté de mieux faire mais nous voyons nos craintes confirmées ; il ne s’agit pas de mieux mais de moins faire.

Deux visions s’opposent : Une gestion économique qui supprime des agents et ferme des lits sous couvert d’un parcours de soin discutable et une qualité de soins qui doit être toujours plus rigoureuse auprès et à proximité des lieux de vie des patients et de la population.

Chaque année les hôpitaux connaissent des augmentations d’activité importantes en parallèle de suppressions de postes.

Il est imposé aux soignants de faire de plus en plus de qualité avec de moins en moins de matériel et d’effectifs.

Les mots «rentabilité» et «productivité» sont au cœur de nos professions.

La volonté affichée de réduction des coûts et l’objectif affiché de 22 000 suppressions de postes (140 au CH Avignon) et la fermeture de 16 000 lits (une cinquantaine au CH Avignon) dans nos établissements justifient à eux seuls la rationalisation qui nous est proposée ce jour au vote.

De plus, faut-il rappeler que le gouvernement, la ministre de la Santé n’a pas écouté les partenaires sociaux sur la loi santé et les GHT qui doivent être mis en place au 1er juillet 2016.

Au-delà du fait que les représentants des salariés, des usagers n’ont pas été entendus en amont, c’est le contexte, la situation dans lequel se trouve aujourd’hui notre système de santé qui nous font dire que les GHT sont un moyen de faire supporter l’essentiel des économies de la LFSS sur les hôpitaux sans qu’à aucun moment ne soit remis à plat tout notre système de santé à bout de souffle. Un ONDAM à 1,75% et le plan d’économies de 50 milliards d’€ ne permettront pas à notre système de santé de survivre dans le respect de la qualité des soins que nous devons à la population,

La volonté de réduire la durée moyenne de séjour par la prise en charge en ville des patients relève du fantasme au vu de la démographie médicale libérale et du coût humain et financier de cette activité,

Oui la CGT pense qu’il faut réformer ce système. La question est de savoir comment dans quel sens et avec quel financement ?

Créer des GHT sans que ne soit rediscutée la médecine de ville et rurale, le quadrillage géographique, la présence a dû proportion des professions paramédicales qui pourraient garantir un accès à la prévention, aux soins à égalité de droit des citoyens et avec une continuité jour/nuit, fin de semaine et jour férié, ne peut que conduire à l’aggravation de la situation.

Mutualiser la misère n’a jamais fait beaucoup progresser.

Il y aura beaucoup de perdants pour peu de gagnants et pour une qualité de soins amoindrie et une réponse aux besoins de santé rabougrie.

Pas plus que nous sommes d’accord pour que les GHT voient le jour dans ce contexte, nous ne partageons pas l’idée que le Centre Hospitalier d’Avignon soit l’hôpital dit support de ce groupement hospitalier sans que les effectifs, les locaux, les compétences, ne soient adaptés à cette situation. Par exemple les urgences adultes réorganisées, nouvellement aménagées seront en dessous des nouveaux besoins d’accueil du public ou comme le PCE qui ne désemplit pas. Toujours plus avec toujours moins.

Là où on nous parle de modernisation, nous voyons la pénurie, là où on nous parle de synergie, nous voyons les mutualisations forcée des personnels, là où on nous parle de groupement, nous voyons arriver les fusions d’établissements…

Parce que nous souhaitons qu’au contraire la proximité, alliée à la qualité soit garantie, nous ne pouvons adhérer à l’idée que notre établissement, le Centre Hospitalier d’Avignon soit l’hôpital qui contribue à siphonner un certain nombre d’activité des hôpitaux de proximité sans que les moyens de les absorber ne suivent. Encore plus d’activité sans moyens supplémentaires.

Nous avons tous bien entendu au CTE de la part du directeur, que l’hôpital n’est pas là pour « faire de l’emploi ». Certes sa première fonction est de dispenser des soins mais s’il peut contribuer à créer des emplois stables et qualifiés dans un contexte de chômage et de précarité c’est un plus. Car n’oublions pas que si les salariés hospitaliers sont payés par le financement de la sécu ce sont les cotisations salariales et celles dites patronales qui financent la sécu. Au moins il y a d’emploi au moins il y a de financement de la sécu au moins il y a de budget pour l’hôpital.

Nous ne contribuerons pas à accélérer le démantèlement des hôpitaux publics et demandons que notre conseil de surveillance se prononcer contre ce projet de GHT.

Télécharger le texte : Déclaration.Liminaire-23.06.2016-09.30

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