JOUR DE CARENCE POUR LES FONCTIONNAIRES

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FÉDÉRATION CGT DE LA SANTÉ ET DE L’ACTION SOCIALE

RÉTABLISSEMENT DU JOUR DE CARENCE POUR LES  FONCTIONNAIRES EN CAS DE MALADIE :
LA FHF VEUT SACRIFIER LA SANTÉ DES HOSPITALIERS POUR FAIRE DES ÉCONOMIES

Emboîtant le pas d’un article paru dans Le Figaro, la Fédération  Hospitalière de France (FHF, employeurs publics hospitaliers)  réclame le rétablissement du jour de carence en cas de maladie pour  les fonctionnaires hospitaliers. La Fédération Santé et Action Sociale  dénonce cette posture patronale dogmatique qui sacrifie la santé des  agents et la qualité des soins sur l’autel des coupes budgétaires  demandées aux établissements hospitaliers.
Rétablissons quelques vérités :
Non, les agent.e.s de la FPH n’abusent pas des arrêts maladie. Les  arrêts de moins de 6 jours ne représentent que 5% des absences en  2014. La proportion d’arrêts de complaisance est infime, comme le  montre la faible proportion des contrôles qui les invalident. Laisser entendre le contraire, c’est faire insulte aux agent.e.s qui démontrent  quotidiennement leur engagement professionnel. La mobilisation  exemplaire des fonctionnaires hospitaliers dans le cadre des  attentats de novembre dernier l’a magnifiquement rappelé.
Non, le jour de carence pour les fonctionnaires (en vigueur du 1 er  janvier 2012 au 1 er janvier 2014) n’a pas fait baisser l’absentéisme.  En 2011, l’absentéisme était de 7,2%. En 2012, il était de 7,4%, puis de  7,8% en 2013. Enfin, les dernières données connues montrent un  absentéisme de 8% sur 2014. L’absentéisme s’est donc accru  nettement sur les années 2012 et 2013.
Oui, c’est bien une mesure budgétaire que réclame la FHF et non  une façon d’améliorer le Service public. Les établissements  gagneraient des dizaines de millions d’euros en cas de rétablissement  du jour de carence… sur le dos des agent.e.s. Cette mesure pénalise  directement et injustement les agent.e.s, laissant entendre qu’il leur  appartient de ne pas être malades et oubliant que les arrêts sont  accordés de manière justifiée et contrôlée par des médecins.
– Oui, l’absentéisme est directement corrélé à la pénibilité du travail.  Une étude de la DARES de 2014 montre que les agent.e.s hospitaliers,  selon un classement établi sur 9 critères d’exposition  aux conditions de travail difficiles, arrivent malheureusement en tête  des secteurs les plus exposés dans tout le salariat français (public et  privé confondus). L’absentéisme est donc la résultante des conditions  de travail particulièrement pénibles dans notre champ professionnel  et non du laxisme supposé des agent.e.s.
– Oui, l’absentéisme augmente avec l’âge. Or, l’allongement des  carrières imposé par le recul de l’âge légal de départ à la retraite et la  remise en cause du départ anticipé pour la catégorie active va  accroître mécaniquement l’absentéisme pour les personnels. Il est  urgent de rétablir la reconnaissance de la pénibilité de nos métiers.

Refusant de voir les causes réelles de l’absentéisme en demandant le  rétablissement du jour de carence, la FHF se réfugie dans des  postures en rupture avec l’esprit de Service public. Les employeurs  publics sont en train de prendre un virage politique inquiétant, basé  sur l’idée qu’un management de plus en plus coercitif, et une vision  coupée de la réalité, basée sur des indicateurs et tableaux de bord  standardisés, permettent de piloter efficacement un établissement.

Face à cette volonté de sanction et de culpabilisation des agent.e.s, la  CGT entend mettre en débat les causes réelles de l’absentéisme  hospitalier qui sont : la dégradation continue des conditions de  travail, l’intensification de la charge de travail, l’organisation des  services et en particulier du temps de travail, la non-reconnaissance  des professionnel.le.s, le manque d’effectifs et la remise en cause de la  catégorie active.
Montreuil, le 21 avril 2016

 

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